
Né à Mulhouse en 1833, Daniel Nicolas Auguste Scheurer participe intensément à la vie publique durant toute la deuxième moitié du XIXe siècle. Humaniste, homme de valeur, de conviction, au caractère austère et intègre, acteur de la vie économique et sociale il sait répondre aux attentes du monde économique.
Son éducation, dans une famille bourgeoise, protestante et pratiquante développe son sens de l’altruisme, son goût de l’effort. Il n’a de cesse de se mettre au service d’autrui. Sa scolarité au collège municipal de Thann, ancien collège Scheurer-Kestner, puis au gymnase à Strasbourg renforce les qualités développées au sein de sa famille. Désireux de reprendre l’entreprise familiale, de la faire évoluer, passionné de chimie il part à Paris en 1852. Il revient à Thann en 1853, fait la connaissance de Céline Kestner et l’épouse en 1856. Cette jeune fille, native de Thann est issue d’une famille de notables. Le père de Céline est représentant à l’Assemblée Constituante depuis 1848. Républicain, son influence sur Scheurer-Kestner pousse celui-ci à s’engager dans la vie politique. Chef d’entreprise, il applique ses idées. Ses ouvriers bénéficient depuis 1859 d’une caisse de secours et participent aux profits de l’entreprise et peuvent obtenir des prêts sans intérêt. Il met en place une coopérative.
Opposé à l’Empire, il ne renonce pas à ses idées, à l’action publique, finance et dirige des journaux de libres penseurs ce qui le conduit à trois mois d’emprisonnement.
C’est donc logiquement qu’en 1871 il est élu député du Haut-Rhin. De ce mandat découlent d’autres élections, notamment le Sénat en 1875. Il n’accepte aucune fonction ministérielle préférant être un homme d’influence. Il soutient ouvertement Léon Gambetta et Jules Ferry qui épouse l’une de ses nièces en 1875. C’est un homme actif, ne recherchant pas les honneurs et préfère le travail dans les différentes commissions parlementaires. Il défend les lois sociales sur le travail des femmes et des enfants, et sur la reconnaissance des syndicats. Il s’oppose aux lois protectionnistes. Il accepte comme un mal nécessaire la politique coloniale seul moyen d’affirmer la grandeur de la France.
C’est au sommet de sa carrière qu’éclate l’affaire Dreyfus. Avec courage, Auguste Scheurer-Kestner déclare : "Si Dreyfus est coupable, je le saurai, s’il ne l’est pas je le sauverai". Dans un souci de justice et de vérité, il le défendra jusqu’à sa mort.

